Beaucoup d'entreprises paient pour des informations qu'elles pourraient obtenir sans rien débourser. D'autres croient qu'une source publique suffit à prospecter, et découvrent après coup qu'elle ne contient personne à appeler. Cet article trace la ligne, précisément.
Ce que contient la base Sirene, gratuitement
Sirene est le répertoire interadministratif qui enregistre les entreprises françaises depuis 1973, y compris celles qui ont fermé. L'INSEE le diffuse par trois canaux publics : la recherche en ligne de l'annuaire des entreprises, une interface de programmation pour interroger la base, et des fichiers complets à télécharger sur data.gouv.fr.
Ce que vous y trouvez, pour chaque entreprise et chaque établissement :
- Le SIREN et le SIRET, les identifiants officiels, stables dans le temps
- La dénomination sociale et la catégorie juridique
- Le code NAF, qui décrit l'activité principale
- La tranche d'effectif et le caractère employeur
- L'adresse de l'établissement, jusqu'à la commune
- La date de création, et celle de fermeture le cas échéant
C'est considérable, c'est officiel, et c'est mis à jour quotidiennement. Pour dimensionner un marché, pour savoir combien d'entreprises correspondent à votre cible avant d'investir, ces données suffisent et ne coûtent rien.
Ce que la base Sirene ne contient pas
Et c'est là que tout se joue. Sirene identifie des personnes morales, pas des personnes physiques. Le répertoire ne recense pas les salariés d'une entreprise, et il n'a jamais eu vocation à le faire.
Concrètement, il vous manque donc :
- Le nom de l'interlocuteur pertinent. Le dirigeant déclaré figure parfois dans les registres ; le responsable des achats, le DSI ou le directeur commercial, jamais.
- Son adresse e-mail professionnelle. Aucune source publique ne les diffuse.
- Sa ligne directe. Les numéros publics sont des standards, quand ils existent.
- La vérification. Sirene garantit l'existence administrative d'une société, pas qu'une adresse e-mail fonctionne aujourd'hui.
Vous pouvez donc bâtir une liste parfaite de mille entreprises correspondant exactement à votre cible, et n'avoir personne à contacter. C'est l'expérience que font la plupart des équipes qui se lancent avec les données ouvertes, et elle coûte généralement plusieurs semaines.
Les autres sources publiques, et ce qu'elles ajoutent
| Source | Ce qu'elle apporte en plus de Sirene |
|---|---|
| Annuaire des entreprises | Une recherche confortable, les dirigeants déclarés, les documents officiels |
| Registre national des entreprises | Les actes, les statuts, les comptes quand ils sont déposés |
| Conventions collectives (IDCC) | La branche réellement appliquée, souvent plus juste que le code NAF |
| Bulletin officiel des annonces civiles | Les procédures collectives, à exclure d'une prospection |
Aucune de ces sources n'ajoute de contact nominatif. Elles affinent le ciblage, ce qui est précieux, et laissent entier le problème de savoir à qui écrire.
Les sources publiques vous disent quelles portes frapper. Elles ne vous disent jamais qui ouvre.
Louca Bilquez, fondateur de NovarichCe qu'il faut payer, et pourquoi
Le coût d'une base de prospection ne porte pas sur l'information publique, qui est gratuite et que personne ne peut décemment vous facturer. Il porte sur trois travaux :
- Identifier la bonne personne dans l'entreprise. Le poste visé change selon la taille de la société, et il faut savoir qui décide réellement.
- Trouver et vérifier ses coordonnées professionnelles. C'est la partie longue, et celle qui se périme.
- Contrôler au moment de livrer. Une adresse validée il y a huit mois n'est pas une adresse valide.
Si quelqu'un vous vend une base à très bas prix, demandez-lui laquelle de ces trois étapes il a réellement faite. Souvent la réponse est aucune : le fichier est un export public habillé, revendu à plusieurs acheteurs.
Avez-vous besoin de payer pour des données ?
Cela dépend entièrement de ce que vous comptez en faire.
Le contenu de la base Sirene et ses modes de diffusion sont repris des pages de l'INSEE et de data.gouv.fr citées en sources, consultées en septembre 2026. Les volumes annoncés, plus de 19 millions d'entreprises et 27 millions d'établissements, sont ceux publiés par l'INSEE. Nous utilisons ces mêmes sources publiques comme point de départ de nos propres bases, ce qui explique que nous en connaissions précisément les limites.
Vous avez la liste des entreprises, pas celle des gens
Décrivez votre cible : nous identifions les bons interlocuteurs et vérifions leurs coordonnées avant livraison.

